C’est l’Bon Dieu qui m’a fait voler ma valise…

Au retour du service militaire… il faut bien se débrouiller quand on est seul !… Il avait emprunté un peu d’argent pour se procurer de la marchandise, et, depuis, il vendait dans les foires, si nombreuses dans sa région du centre de la France ? Ça marchait, il avait remboursé son emprunt et en quelques mois, il avait réussi à se faire un joli petit capital, entièrement constitué en objets de toilette : peignes, lames de rasoir, savon, etc…Tout cela rangé dans une grande valise, qui ne le quittait pas et qui lui servait d’étalage pour la vente.

Il faut bien vivre

Un jour, dans une gare, pendant qu’il prenait son billet pour se rendre à une foire, on lui vola sa valise… et sa petite fortune… Il est d’abord comme écrasé, anéanti devant une pareille ruine. Puis… il faut bien vivre ! avec le peu d’argent qui lui reste, il achète quelques pneus à Clermont Ferrand et va les revendre dans le midi. Il n’aurait pas voulu se livrer au marché noir, mais il faut vivre ! La vente achevée, il fait ses comptes. Désastre ! Lorsqu’il a ôté de son petit bénéfice ses frais de voyage et de nourriture, il se trouve en déficit. Désespéré, il se rappelle alors qu’il a un Père au ciel…et une Mère !… Il entre dans une église. Sa prière terminée, sentant le besoin de se « dégonfler » dans un cœur compatissant et de recevoir quelques conseils, notre jeune forain va trouver le vicaire. Celui-ci, un retraitant, trouve aussitôt le remède : « Vous, je vois ce qu’il vous faut !… Il faut que vous alliez faire une retraite, les Exercices de St Ignace ! » – Mais qu’est-ce que c’est que les Exercices de St Ignace ? Le vicaire lui explique de son mieux. – Mais comment voulez-vous que je fasse ce voyage ?… Il me reste tout juste mille francs !… – Ecoutez !… Nous avons un jeune homme qui est arrivé hier soir des Mées… il est « gonflé à bloc ». Voici son adresse… Allez le voir… Puis revenez. On vous fera manger et on tâchera d’aviser.

Il consacrera son dernier billet pour aller faire une retraite…

Le jeune retraitant de la veille fait tant et si bien qu’il communique son enthousiasme au pauvre forain ; c’est décidé, il consacrera son dernier billet de mille pour aller faire la retraite.
Semaine splendide, joie… larmes de joie… Tout s’illumine. L’avenir lui-même s’éclaircit : le forain n’en a plus peur. « Chercher d’abord le royaume des cieux et sa justice, tout le reste vous sera donné par surcroît ». Il a la foi en la divine parole. Il ne doute plus que Dieu ne soit assez puissant et assez bon pour le tirer d’embarras.
Et avant de partir, il nous confie avec un bon sourire : « Vous savez, mes Pères, je comprends maintenant : C’est le bon Dieu qui m’a fait voler ma valise !… Pour que je vienne ici… Et j’en suis bien content ! »

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